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Chef-lieu provisoire de la Normandie

Chef-lieu provisoire de la Normandie

Le 02/06/2015

Intervention de Catherine Morin-Desailly lors du conseil municipal de Rouen

Conformément à la loi du 16 janvier dernier relative à la délimitation des régions, aux élections régionales et départementales, les élus du conseil municipal de Rouen étaient amenés, hier soir, à émettre un avis quant à la désignation du chef-lieu provisoire de la Nouvelle Normandie. Cet avis que nous devons rendre, au même titre que les deux conseils régionaux, haut et bas normands, rentre dans la logique du texte que nous avons débattu, amendé et voté au Sénat, que j’ai voté, je tiens à le dire par ce que cela actait la réunification de la Normandie dans le cadre d'une carte par ailleurs pertinente de toutes les autres régions de France, version malheureusement que n’a pas retenue l’Assemblée Nationale.

Le jour même où était votée la loi à l’Assemblée Nationale, cela m’a amusée de voir les élus hauts normands socialistes se précipiter pour se mettre en scène et en photo et  vanter les  mérites de la Réunification, les mêmes qui étaient aux abonnés absents dans l’hémicycle lors des débats sur la réforme territoriale de 2010 pour voter les articles et les amendements facilitant le regroupement des départements et des régions ou alors on voté contre ! Mais il est vrai qu’il y a les authentiques militants de la Réunification et les réunificateurs de la dernière heure ! Je laisse les Normands juges !!!

Le débat sur le chef lieu ou la capitale normande est un débat qui ne date pas d’aujourd’hui, c’est ce même débat, parce qu’il y a des divergences de vue, qu’on peut comprendre, entre hauts et bas Normands, qui a servi de prétexte le plus souvent aux élus de la majorité haute normande, longtemps conduite par Monsieur Le Vern puis plus récemment par notre collègue Nicolas Mayer-Rossignol pour ne surtout pas faire avancer la réflexion et le partage des idées. J’ai encore un souvenir très précis du débat que nous avions sollicité au Conseil Régional, en nous appuyant sur la légitimité que nous conférait la loi de 2010 et du mépris avec lequel celui-ci a été rejeté. Je ne parle même pas des bâtons dans les roues qu’on a pu mettre à notre collègue de l’Eure, le conseiller régional François-Xavier Priollaud qui avait proposé une mission d’information sur le sujet.

Si je dis tout cela c’est parce qu’il faut aussi de la mémoire, et que si nous avions pu tranquillement et sereinement débattre ces dernières années de ces questions nous aurions sans doute abordé cette réunification dans les meilleures conditions. Là on l’aborde, dans nos enceintes politiques par la seule question du chef-lieu faisant de la Réunification un enjeu de pouvoir  propre aux rivalités d’un autre âge. Quand cela devrait être un enjeu redéveloppement pour la Normandie. Le destin de notre future grande région ne peut se résumer à une carte géographique. Et je regrette, à ce titre, que le gouvernement ait eu la mauvaise idée de désigner comme préfet préfigurateur de la réunification, le préfet de Haute-Normandie et non quelqu’un de neutre. Une  nomination qui a été considérée comme un affront par les élus bas normands. L’enjeu n’est pas d’antagoniser les territoires, mais au contraire de nous faire jouer gagnant-gagnant.

L’enjeu est de penser aux Normands, à tous les Normands et veiller à ce qu’ils se reconnaissaient dans une organisation équilibrée de leur Région autour de nos trois entités urbaines majeures, de Rouen, Caen et le Havre, sans oublier le réseau des villes moyennes  pôles elles mêmes d’impulsion et de développement, mais aussi la ruralité qui souffre déjà de relégation. Combien de fois avons-nous eu à le dire lors des débats sur la loi MAPTAM (Modernisation de l’Action Publique Territoriale et Affirmation des Métropoles).

Dans ce cadre Rouen, de part son histoire et son héritage, son atout  de 1er grand port céréalier d’Europe, qui se trouve être déjà le siège d'institutions administratives interrégionales, a toute  légitimité en s’appuyant sur son statut de métropole et ses 480.000 habitants à revendiquer le « chef-lieu ». Pour autant, prenons de la hauteur, peut on nier aux Caennais dont la position est centrale géographiquement à mi chemin entre Lyons la Forêt à l’Est et Cherbourg à l’Ouest, la fierté d’être le siège de la plus ancienne et de très loin université de Normandie, de se revendiquer aujourd’hui capitale culturelle ?

Je dois dire que la force des projets caennais démontrée depuis quelques années, c’est l’école supérieure d’arts et médias, la bibliothèque multimédia à vocation régionale, la maison de la recherche et de l’imagination, c’est tout de même autre chose, en dehors de l’Historial Jeanne d’Arc que la défiguration des quais avec l’installation du Panorama XXL à la fréquentation en berne, la fermeture des scènes et festivals, la destruction des hangars pour bâtir le coûteux palais de la Métropole. Au moment même où la réunification des 2 Normandie laisse espérer que des locaux administratifs pourraient se libérer.

On ne saurait nier non plus aux Havrais le développement spectaculaire de leur ville ces dernières années autour notamment de Port 2000 et d’une intense activité économique. Nous sommes favorables à ce que Rouen puisse être désignée chef-lieu temporaire et définitif nous voterons donc cette délibération, pour autant  au delà de l’attention toute particulière que nous portons à notre ville, nous sommes convaincus que l’intérêt supérieur, pour son propre bénéfice, est qu'elle puisse être reconnue chef lieu mais dans un dispositif qui inclut tout le monde, qui fasse en sorte que tous les Normands se reconnaissent  dans l’ambition du  projet et la future organisation. Cela implique de jouer sur nos atouts, nos complémentarités. Elles sont évidentes par exemple dans le domaine  patrimonial, si l’on veut voir de l’art roman on va à Caen, du gothique à Rouen,  de l’urbanisme du XXème siècle on va au Havre.

Sur nos complémentarités mais aussi sur nos synergies comme nos 3 intercommunalités ont su le faire avec la récente candidature au  label French Tech.

Dans un monde où tout devient numérique, l’heure est au plus au partage horizontal qu’à la verticalité incarnée par une organisation jacobine de la société et par la décision venue d’en haut. Nous centristes sommes profondément décentralisateurs et  plaidons de toutes nos forces  pour une vision équilibrée de notre Région, seule capable de créer la dynamique.

Je note qu'Hervé Morin, le premier, et ce n’est pas surprenant puisque Président de l’Association pour la Réunification de la Normandie depuis 15 ans, il a donc réfléchi de longue date à la question, a porté l’idée d’une répartition des rôles proposant que Rouen soit le siège de la Préfecture et des administrations de l’Etat, que Caen accueille le conseil régional, que le Havre valorise son atout économique en accueillant un certain nombre  d’organisations et de services.

Je pense à cette égard que rapidement émergera la question de savoir si ces 3 aires urbaines ont vocation à se développer sur elles-mêmes et avec leurs proches voisins ou si elles n’auraient pas aussi intérêt pour un certain nombre de sujets, développement économique, enseignement supérieur et recherche, santé, offre culturelle et sportive, coopération internationale, à fédérer et regrouper des moyens pour une ambition à la mesure de la grande région et ce dans le cadre que permet la structure « Pôle Métropolitain ». Car nous le savons, la situation de notre pays, les enjeux pour l’avenir, ne nous autoriseront pas à fonctionner en concurrence et, nous obligeront au contraire à fonctionner en partage.

Quelque soit le choix ultime, réussira celui qui :

     -    Proposera un modèle d’organisation partagée,

     -    Saura créer une dynamique régionale faisant fi des antagonismes locaux hérités du passé,

     -    Préservera un équilibre des territoires et une proximité des services publics,

    -    Rompra avec des années de politique « petits bras », je pense à l'actuelle politique touristique par exemple, dont l'ambition est bien faible, je pense également à votre politique de coopération et de développement à l’international, votre politique d’innovation en matière de numérique …. Nous sommes hélas dans de nombreux classement loin d’être les 1ers de la classe alors que nous avons des atouts formidables. 

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